Autour d’une vie ~ 6

Bon jour, bon soir, bonne nuit.

J’écris cet article afin de converser avec vous autour de ce qui fait de nous des êtres à la fois singuliers et semblables.

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¡ Attention !

Je tiens à prévenir que le présent article contient les thèmes suivants : alimentation, boulimie, hyperphagie, frustration, culpabilité, etc

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Il y a des périodes où mon alimentation devient plus ou moins chaotique, bien que j’ai conscience qu’il y ait pire et que je reste dans le domaine du raisonnable c’est tout de même des moments difficiles à passer. J’ai cette envie irrésistible de manger tout ce qui se trouve à portée de main, c’est une pensée envahissante presque omniprésente. Et lorsqu’elle n’est pas satisfaite elle se drape d’un nouveau masque celui du besoin, j’ai la sensation d’avoir faim tout en sachant pertinemment que ce n’est pas le cas. Il m’est compliqué alors d’être dans l’instant présent et de vivre le quotidien, je suis parasitée par cette idée de manger.

Distinguer ce qui est de la faim vraie de la faim imaginée est un défi, pourtant je trouve important de pouvoir écouter son corps. En dehors de ces périodes, j’apprécie de sentir que j’ai besoin d’énergie parce que je suis fatiguée ou bien, que j’ai besoin d’un type d’aliment parce que je suis en manque des nutriments qu’il m’apportera. C’est agréable de manger à l’heure où mon organisme réclame et non plus par automatisme sociale, tout comme il est agréable de manger suffisamment ni plus ni moins juste ce qu’il faut. Il est plaisant de ne pas se restreindre tout simplement parce que j’entends ce que mon corps me dit, nous travaillons alors ensemble pour le satisfaire et ravir mes goûts gustatifs. Il m’est alors quasiment impossible de considérer ces repas ou en-cas comme des écarts, je ne fais pas d’ « excès » dans le sens commun du terme.

Seulement il m’a fallut apprendre et/ou réapprendre à me connaître pour créer et/ou modifier mes comportements en fonction de mes particularités. J’ai des périodes où je suis épuisée physiquement et psychiquement, j’ai besoin (impression ou réalité ?) de manger un peu plus. Des moments où je ne vais pas bien et où j’ai envie d’oublier, de me perdre dans un sens tel que le goût. Je rêve de la sensation de bien-être que m’apporte certains aliments, ceux qui activent le système de plaisir dans mon cerveau. Je suis également à la recherche de sensation car j’ai peu de sensibilité gustative, c’est toujours un émerveillement de réagir à une saveur ou de savourer un plat que mon esprit parvient à détecter (c’est une des raison qui fait que j’adore le curry !) même si ça ne dure pas.

Malheureusement à tout les aspects positifs s’ajoutent les négatifs. La lutte entre la raison et le désir, le contrôle et l’abandon, les deux camps ne pouvant être satisfaits en même temps. La diminution de la confiance en soi, parce que je ne suis pas capable de me gérer. La culpabilité et l’agacement lorsque je perds le contrôle mais aussi la sentiment d’échec qui l’accompagne ; ou encore la frustration de ne pas céder et cette sensation réelle ou non de faim très présente. Le mal de ventre et la lourdeur qui suit et, comme je mange trop vite (déjà que je n’ai pas assez de dents pour transformer le tout en bouillie) je digère mal. Parfois je mâche tellement peu que j’ai l’œsophage irrité par le passage des aliments.

J’évolue et avec les années j’accepte de mieux en mieux cette facette de moi et l’inclus de plus en plus dans ma façon de vivre. J’apprends à craquer et/ou me restreindre raisonnablement, je tente de trouver ce qui déclenche ces phénomènes et des outils pour les gérer. J’essaye par exemple de ne pas laisser ces moments s’installer, de cultiver le plaisir du goût et de garder une alimentation équilibrée pour manger beaucoup mais sainement. Je réfléchis sur moi et/ou me repose pour ne pas laisser les émotions déclenchant cette envie continuer à guider ma vie. Je me concentre sur la globalité pour ne pas me rester sur le seul négatif que cette situation provoque (c’est ardu de ne pas considérer sa journée « pourrie » juste parce que le dernier repas de la journée a été chaotique).

C’est un combat où de nombreuses batailles se jouent, j’en gagne certaines j’en perd d’autres. J’en vois venir quelques unes au grand galop depuis mon avant-poste et d’autres fois ma vigilance s’endort laissant les plus furtives s’engouffrer par le pont-levis. Mais c’est ainsi qu’est la vie, à chacun ses adversaires contre lesquels lutter mais aussi ses partenaires au côté desquels lutter. De mon côté l’alimentation est une rivale et je compose ma vie selon nos querelles, heureusement nous parvenons de plus en plus à une entente qui équilibre notre relation. Je sais que je suis chanceuse car cette relation n’est pas totalement toxique, sans être saine non plus, simplement elle a besoin d’ajustements et mises au point réguliers. Elle nécessite de m’accepter telle que je suis à cet instant et de continuer à apprendre à me connaître pour évoluer vers une paix entre elle (mon alimentation) et moi.

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Je compte sur la bienveillance de chaque lecteur, lectrice, etc qui parcourront ces lignes.

Et vous, comment percevez-vous le monde ?


Parva Bulla (au son de l’OST du Roi Lion, du film d’animation de 1994)


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